Pour cette #WITinterview, nous sommes allé à la rencontre du trappeur Evil Pichon dont nous avions déjà réalisé un article (Pour le découvrir : CLIC ICI). 
L’artiste qui a connu une arrivée mouvementé dans le Trap game, fait partie des tops artistes dans son genre malgré ses diverses incarcérations qui lui ont coûté pratiquement 4 années de son parcours musical.

Nous avons donc décidé de lui poser quelques questions afin d’en savoir plus sur ce personnage controversé.

⋙ Bio

Moi c’est Evil P ou Evil Pichon originaire du Diamant (Martinique). Je fais de la musique depuis plus de douze ans et le trap en 2011.

J’ai toujours été un grand passionné dès mon plus jeune âge.

J’avais un refrain que mes potes chantaient au collège, je suis donc rentré chez moi pour écrire le couplet et ils ont validé. Du coup, j’ai senti qu’il y avait un truc donc je me suis mis à écrire dans mon coin.
J’étais très influencé par “Portmore empire” avec Vybz Kartel, Deva Bratt ou encore Aidonia avant l’époque où ils percent dans la musique.
A mes côtés, il y avait Maitystar ou encore Tunder Storm qui m’ont motivé à écrire. Mais aussi mon pote Karlo qui ne chante pas mais qui était toujours là pour te motiver ou te dire si le son est nul.

#Anecdote : J’avais écrit un premier son que je n’aimais pas trop et Karlo se foutait de ma gueule, c’était genre le vendredi ! Du coup, j’ai écrit un autre son qui s’appelait “GUN paka plere” que j’ai posé le lundi en studio et là les gars m’ont dit que c’était lourd.

C’était une époque très galère, j’avais beaucoup d’embrouilles et je sortais de ma première peine de prison à Fleury donc je kiffais pas spécialement les sons “Shatta”. On me disait que mes sons étaient trop violents mais moi je n’aimais pas parce que je voulais pas faire des sons pour les gens.

Ensuite, j’ai fait un premier groupe où on utilisait le terme “Dside” qui voulait dire “Different side” tout le monde avait choisi son truc et donc j’ai gardé “Darkside”.

On m’appelait déjà Pichon et mes potes ont rajouté Evil pour quelques histoires où “le sang a coulé” mais aussi pour cette ambiance très sombre que j’aimais dans la musique.

En 2011, j’ai choisi la trap parce que c’est le style qui collait le plus avec mon mode de vie, en plus je trouvais que le Dancehall devenait trop commercial. Ben ouais, j’ai eu mon temps de galère où j’ai fait des trucs de malade pour juste pouvoir manger ou ne pas dormir dehors … si je n’avais pas de couilles j’aurais fini sans abri au milieu de Paris.

J’ai passé une période avec mes potes Néo et MV dans la Fav (“favelas” c’est là où on vivait) où j’ai commencé à écouter Gucci mane, Waka flocka, Wooh da kidd … j’étais donc très influencé. Je pensais continuer à écouter du Dancehall mais le trap c’est vraiment un piège (Trap = Piège en Français), je suis tombé dedans et tout a disparu autour. Ce n’était pas pareil parce que je pouvais dire ce que voulais et chanter ce que j’avais envie d’entendre.

Après, il y a eu l’époque Blacka, KSC DI GANG avec Stickly, Sayko … C’est à ce moment-là qu’il y a vraiment eu un certain engouement.

 ≫ Qu’est-ce que le terme “Darkside” pour toi ? Ta team ? Un état d’esprit ?

La définition de Darkside n’est pas écartée de la vrai, c’est le côté obscur. Toute chose possède un côté obscur et il y a des moments où il prend le dessus sur ta vie que ce soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Pendant une bonne période de ma vie, je n’ai pas eu le choix et il m’a aidé à survivre. C’est juste assumer ce côté obscur mais je n’ai fait aucun pacte avec le diable ou quoi … malgré ce que les gens pensent [rire].

 ≫ On t’a connu sur les titres “Darkside me seh” et “Evil anthem”. Pour ensuite balancer une bombe dans le game sur le remix de “Chief keef – I dont like”, 5 ans après tu pourrais nous expliquer pourquoi avoir fait ce titre et dans quel but ?

J’aime beaucoup chercher des mecs qui n’ont pas forcément percé dans la musqique et j’étais tombé sur le titre de Chief Keef. Le clip n’avait rien mais était bien énervé et j’écoutais le son tout le temps ! Je cassais tellement les couilles à mes potes que j’ai décidé de faire un remix alors que c’était un truc que j’avais jamais fait. Du coup, je me suis dit que j’allais parler de ce que je n’aimais pas (Tout comme Chief keef fait dans son titre). Les gens l’ont pris pour un clash parce que j’ai parlé de Magic feat Magic et Blicassty (Artistes Martiniquais) mais en vérité j’ai juste dit deux phrases dans un couplet parce qu’ils représentaient ce que je n’aimais pas. Le vrai Dancehall a perdu de sa valeur à cause de cette vague parce que le people ne fait pas la part des choses et l’ont remplacé par ce mouvement. Plusieurs artistes ont coulé mais eux ont explosé alors qu’ils étaient lyricalement nul. Plusieurs artistes m’ont “Big up” mais ne voulait pas le dire.

Je tenais à le dire mais c’était avant tout pour le son que j’appréciais. D’ailleurs un beatmaker américain avait repartagé en disant que c’était le remix le plus hard qu’il avait entendu, tout comme Booba qui l’avait reposté et eux n’étaient pas focus sur Blicassty et Magic.

 ≫ Tu as fait une arrivée tranchante dans le Game ! Des clips sanglants, des lyrics trashs … C’est représentatif de ton état d’esprit ou plutôt de ton vécu ?

C’est les deux ! Je sais faire la part des choses mais j’essaye d’être le plus vrai possible dans mes textes et je ne cherche pas à raconter des choses que je n’ai pas faites, comparé à beaucoup de trappeur [on le sait tous].

⋙ Incarcération

C’est la plus grande perte de temps possible !

La prison ne m’a rien apporté, c’est rater des moments de ta vie, perdre de l’argent et des potes. J’ai vu des mecs devenir fou ou encore se suicider donc ce n’est pas cool. Ça m’a permis quand même de prendre du recul, d’être un peu plus réfléchis mais tu n’apprends rien de bon [rire]. Avant mon incarcération, on m’avait proposé des choses dans la musique ou encore des opportunités que je n’ai pas pu saisir mais je suis encore là.

⋙ Musique

Ma musique m’a toujours servi d’exutoire et m’aidait à exprimer ma colère. J’en ai beaucoup en moi donc ça me permet de relâcher tout ça. Des fois, c’est plutôt la joie, la défonce ou la jouissance [rire] mais c’est important pour moi de faire en sorte qu’elle ne soit pas similaire à celle des autres.

Elle m’a beaucoup aidé aussi en prison parce que je pense que je serais devenu fou donc je préfère dire tout ce qu’il y a dans ma tête que ce soit sale ou très sale [rire].

 ≫ On ressent clairement l’effort d’écriture dans tes titres ! Comment tu t’y prends en général ?

Il y en a certains que j’ai écrit assez vite comme le couplet de « Paniké » ou sinon en studio directement comme “Luke cage” ou “Gang” mais souvent je prends mon temps parce que j’ai un côté perfectionniste.

En général, soit j’ai l’inspiration tout de suite sinon je me force, je roule un gros joint et c’est parti !

 ≫ On voit beaucoup d’avis sur des tops trappeur antillais et ton nom revient très souvent ! Comment tu le prends ?

Je me considère comme un des pionniers avec Blade en Martinique. Malgré mes années de prison, les gens ne m’oublient pas et c’est cool que les gens kiff toujours. Après, je ne suis pas spécialement sur la concurrence vue que la plupart, on se capte tous. En tout cas, le mouvement avance et on essaye de développer le truc. Kalash a ouvert une très grande porte donc il faut continuer. Si après toutes mes années d’incarcérations les gens me suivent toujours, ce n’est pas maintenant que je vais lâcher ! [Gang]

⋙ Futur

 ≫ J’ai une mixtape “Trap in the dark” qui arrive bientôt.

 ≫ Je suis sur un autre projet que j’ai commencé …

 ≫ Quelques clips qui vont sortir …

 ≫ Un gros featuring pour la fin de l’année.

[Comme on dit la saloperie n’est jamais fini ! Salooope]

⋙ #WITexclu

J’ai un featuring qui arrive avec Tiitof et Bolemvn (rappeur Français) et un titre en préparation (Vidéo)

 

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